
Entre les deux, le globe
La réalité des îles est assez paradoxale comme l’est depuis toujours leur perception. Lieux d’ouverture et d’enfermement, lieux de l’expérience et de l’imaginaire, les îles ont toujours été des morceaux de terre délimités sur l’horizon de la mer, mais dont les formes et la localisation ont été difficiles à cerner. Les livres de navigation occidentaux ont, dès le XVIe siècle, dressé l’inventaire des profils des contours terrestres. Ces dispositifs visuels se sont ensuite enrichis au fil des entreprises d’exploration et des relevés cartographiques liés à l’expansion européenne.
Donnant à voir et à percevoir l’unité terrestre, cet ensemble de profils pose l’analogie entre deux îles opposées de la surface de la Terre.
La première, la Contre Terre, est une île réellement fictive située au large de la pointe de Barfleur dans le Cotentin. La seconde, l’Île des Antipodes, est une île relativement réelle qui se trouve au cœur du Pacifique Sud. La Contre Terre agit alors comme le double inversé de l’Île des Antipodes, son fantôme géographique projeté de l’autre côté du globe. Poser leur relation ici, c’est donner corps à l’existence de l’archipel mondial, c’est-à-dire un monde affranchi de toute perspective coloniale, inscrivant chaque lieu, chaque langue et chaque culture au sein d’une géographie commune.
Entre les deux, le globe
Date : 2026
Papier : 250 g/m² Couché demi mat
Format : 50 x 70 cm
Prix : 20 €





